Chine. Pendant plus de 3 semaines, nous avons parcouru plus de 1 500 km,  à bord d’une capucine chinoise pour suivre un circuit insolite dans la région de Shanghaï.

Nous avons suivi les couloirs deau qui ont forgé la richesse et à la grandeur de la Chine à travers les siècles.

Nous avons fait escale dans des cités traditionnelles imprégnées dune civilisation multi-millénaire… Un voyage incroyablement dépaysant !

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Texte : Pauline Moiret-Brasier – Photos et vidéos : Simon Daval & PMB

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Reportage publié dans Camping-Car Magazine n°304 – Février 2018

Shanghaï, le tourbillon contemporain

Arrivés à Shanghaï, la vue sur le quartier Pudong de Shanghaï donne le tout premier aperçu de la Chine d’aujourd’hui. Fièrement dressés en direction du ciel, ses immenses gratte-ciels imposent leur clair-obscur sur une mégalopole qui continue de s’étendre. Shanghaï, 28 millions d’habitants, dopée par une économie au beau fixe, symbolise la soif insatiable de développement de la Chine. Les immeubles, les infrastructures modernes et les axes routiers se construisent à une vitesse vertigineuse. Dans ce tourbillon contemporain, la vieille-ville où fourmillent les touristes s’érige en gardienne du passé. L’ex-concession française où nous avons logé pendant une semaine, s’inscrit comme un chapitre d’une histoire longue et complexe.

pudong shanghaï

Le grand musée de Shanghaï témoigne d’une civilisation imprégnée par la philosophie et les arts. Mais que les voyageurs aventuriers, nourris par l’épopée légendaire de la route de la soie ou du Livre des merveilles de Marco Polo se rassurent ! Cette Chine est bien vivante, dans l’âme des habitants, dans les sites naturels et touristiques, dans les saveurs d’une cuisine incroyablement variée. Le camping-cariste aura la chance de s’en émouvoir, en s’écartant de la trépidante mégalopole pour un périple l’amenant à suivre le cours de l’eau.

Jiangsu : Tongli et Suzhou, au fil de l’eau

Après de longues formalités administratives qui nous ont pris une journée, c’est à l’embouchure de la baie de Hangzhou, à 65 kilomètres de là, que nous démarrons cet itinéraire. Au sein d’Haïwan National Park et ses quelques 60 hectares où abondent plus de 400 essences d’arbres et de plantes. Nous roulons ensuite en direction de la province du Jiangsu. Terre riche à la végétation dense, le Jiangsu tire naturellement sa prospérité de sa proximité avec Shanghaï. Mais bien avant, au cours de son histoire et notamment sous le règne de la dynastie des Song (960-1275), la région fut au carrefour de juteux échanges. Le développement du Grand Canal qui reliait les provinces du nord vers le fleuve jaune (Yangzi) permettait la circulation des biens et marchandises, parmi lesquels, la soie !

C’est ce Grand Canal que nous suivons, pour faire escales dans les charmants villages bordés d’eau, comme Tongli. Son coeur historique, interdit aux véhicules à moteur, charme par les va-et-vient des pirogues sur les canaux qui dessinent la ville. Sur ces ponts s’immortalisent les souvenirs. Les jeunes filles posent en robes traditionnelles avant leur mariage. Le temps semble s’y être arrêté !  Quant à Suzhou, ancienne capitale de la soie, elle est aujourd’hui celle des ordinateurs et de l’électronique… Mais l’âme de la ville se découvre au fil d’une visite, vers les anciennes fortifications de la ville au sud-ouest du canal, dans la vieille ville de Suzhou ou à travers ses jardins classés au patrimoine mondial de l’Unesco. La « petite ville » (aux 10 millions d’habitants !) avec le lac de Taihu en fait un coin d’exception où marquer la pose, dans le camping idéalement situé en bordure de lac.

pudong shanghaï

Nanjing, « la capitale du sud »

On gagne un peu en relief et en verdure en roulant 200 km plus au nord, vers le delta du fleuve Yangzi. Ce coin de la province du Jiangsu a su tirer profit de sa nature très généreuse, ses collines verdoyantes et ses sources chaudes aux vertus thérapeutiques. C’est aussi comme dans de nombreuses provinces chinoises, un terrain de production de thé vert. Le chef-lieu de la province, est Nanjing. « La capitale du sud » – par opposition à Beijing (Pékin), « la capitale du nord » – a marqué l’histoire, puisqu’elle fut à plusieurs reprises, le siège de l’empire du Milieu puis de la nouvelle République de Chine (de 1912 jusqu’en 1949). C’est même ce qui fallu à la ville d’être la cible d’un épouvantable massacre durant les guerres sino-japonaise (1937). Aujourd’hui, Nanjing (ou Nankin), 8 millions d’habitants, passe pour être l’une des villes les plus jeunes, agréables et dynamiques de Chine. Son coeur historique révèle toute sa féérie à la nuit tombée…

Anhui : la province des quatre trésors

On quitte la route du fleuve pour se diriger sur 300 km à l’ouest. Une immersion progressive dans la Chine rurale. Par opposition au Jiangsu, la province de l’Anhui et son relief de montagne n’offraient pas beaucoup de perspectives économiques dans l’histoire de Chine. Est-ce pour conjurer le sort cela qu’elle a vu naître les meilleurs commerçants de Chine et qu’elle développa une sensibilité pour l’art ? Aujourd’hui encore, la province est épargnée par la frénésie du développement. En traversant ce tableau pittoresque, souvent poétique, constitué de paysages verts et lacustres au milieu des montagnes, plusieurs choses méritent l’attention. C’est ici que l’on inventa l’encrier, l’encre, le papier de riz et le pinceau : les quatre trésors du bureau du « lettré », éduqué dans les principes du confucianisme. La région peut aussi être considérée, avec la province voisine de l’Hubei, comme la région d’origine du célèbre opéra de Pékin.

Hongcun, un village typique à l’UNESCO

Enfin, elle abrite des villages typiques, véritables cités musées. Une grande partie a été dépossédée de son charme et de sa vie sous la révolution culturelle (1969-1976), où tout héritage était détruit pour laisser place au modèle communiste de référence. L’un d’eux, Hongcuan, classé au patrimoine de l’Unesco a toutefois conservé son essence. Même si le tourisme empiète un peu sur vos pas, il persiste une vie authentique au coin de chaque ruelle. On tombe nez à nez avec des temples et des échoppes qui vous font voyager dans le temps.

L’envoûtante Montagne jaune

On ne saurait faire l’impasse sur la célèbre Montagne jaune (Huang Shan), terre sainte du taoïsme, l’un des trois courants de pensée chinois avec le confucianisme et le boudhisme. C’est aujourd’hui le premier site touristique du pays. Au sommet, l’envoûtement y est à son comble malgré les gardes qui surveillent et les caméras de sécurité qui nous scrutent… Surtout si vous arrivez lorsqu’une brume mystique encercle les différents pics de garnit. Il faut aussi réussir à ignorer les hordes de touristes guidés aux mégaphones !

Jingdezhen, capitale de la porcelaine

En poursuivant encore vers le sud-ouest (260 km), on pénètre dans une nouvelle province bordée au nord par le fleuve Yangzi, quitté plus tôt vers Nanjing. À partir du VIIe siècle, la construction du Grand Canal permit à la province de s’inscrire sur la route marchande. Depuis les Tang (618-907), la ville était réputée pour sa céramique. On raconte que les plus plus grands fours de l’empire s’y trouvaient. Mais c’est sous la dynastie des Huan, puis des Ming (XIIe au XVIIe siècle), que la porcelaine acquit ses lettres de noblesse, grâce à la découverte de la pierre kaolin. Les artisans s’écartèrent progressivement du style classique hérité des Song pour s’intéresser à l’art arabe. Ils conçurent des pièces de « blanc et bleu » qui font, aujourd’hui encore, la réputation de la porcelaine Jingdezhen.

Le lac aux milles îles

Un belle mise en bouche pour la suite du voyage qui nous fait remonter à l’est sur 280 km, dans la province du Zhejiang, laquelle recèle de merveilles historiques et naturelles. Imaginez-vous loin de tout, sur ces petites routes de montagne aux airs de bout du monde. Les paysans cultivent les oranges acheminées par voie fluviale sur de grandes pirogues. Soudain, vous tombez nez à nez sur un panorama sauvage fait d’îlots parsemés sur une vaste étendue d’eau. C’est ce qui vous attend, sur la route du « lac aux mille îles ». Ce lac de barrage est le résultat de l’installation d’une station hydroélectrique sur le fleuve Qiantang, qui rejoint la baie d’Hangzhou pour se jeter dans la mer de Chine. Des vestiges de la Chine ancienne y ont été engloutis, dont l’ancienne cité Shi Cheng datant d’approximativement de 2000 ans et mis au jour en 2002. Passionnant !

Hanghzou et le lac de l’Ouest

On remontera progressivement sur 150 km, pour retrouver Hangzhou et sa baie quittée plus tôt lors du périple. « Au ciel, il y a le paradis, sur terre, il y a Suzhou et Hangzhou » proclame Chaoying, poète de la dynastie des Yuan. Si les deux sont connus pour être capitales de la production de la soie, Hangzhou possède une âme particulière. Même Marco Polo fut sous le charme de la ville. Elle offre encore aujourd’hui un cadre serein vers le lac de l’ouest, autour duquel elle s’est bâtie au fil du temps.

Wuzhen, du charme et des touristes !

Roulez encore quelques kilomètres, en direction de Wuhzen, pour retrouver le charme de ces cités bordées d’eau. Avec ces maisons de bois traditionnelles qui s’y reflètent, l’attrait est indéniable. L’abondance touristique en est la contrepartie… « Le temps coule comme l’eau du fleuve », a écrit le philosophe Confucius. C’est à l’issue de ce voyage au cours duquel vous aurez goûté aux thés verts les plus réputés de Chine, découvert les us et coutumes et goûté à l’accueil très attentionné – parfois, fantasque – de l’empire du milieu, que vous mesurerez toute la portée de cette maxime. Le pays ne vous aura pas livré toutes ses subtilités… Comme une invitation à revenir.

Pauline Moiret-Brasier

Voyage réalisé en novembre 2017

Notre parcours en Chine : la région de Shanghaï en 3 semaines

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Cuisine : l’embarras du choix !

La cuisine chinoise est d’une richesse insoupçonnée ! Il est d’ailleurs peu probable que vous ayez goûté à l’étendue de saveurs, de mets et de consistances à l’issue de votre périple ! Chaque province possède ses spécialités, adopte et adapte celles de ses voisines. Dans le sud, où la culture du riz prédomine vous pourrez vous essayer à la très colorée cuisine du Jiangsu, avec une délicieuse spécialité de Suzhou, le poisson grillé à la sauce aigre douce « sōngshǔ guīyú », le « poisson écureuil » !

Parmi nos mets préférés : les indétronables « Dim sum », petites brioches vapeur, garnies de viande ou de légumes ; les délicieuses ravioles chinoises (« Jiaozi ») ; les légumes sautés et le très convivial « huŏguō », une sorte de fondue chinoise. S’il est vrai que les Chinois mangent un peu de tout, contrairement à certaines idées reçues, chiens et chats ne courent pas les assiettes ! Les pattes de poulet et la méduse font partie de ce que nous avons testé de plus … bizarre. La seule chose dont on devra véritablement se méfier sont les épices et les piments, souvent trop relevés pour nos palais européens ! Enfin ce que l’on retiendra surtout c’est la convivialité avec laquelle sont présentés les repas. Tables rondes, plateaux tournants, chacun se sert et picore ce qui lui plaît. À vos baguettes pour un beau voyage culinaire !

Permis : le casse-tête chinois !

Votre permis français et international n’a aucune valeur en Chine. Conduire un véhicule nécessite d’obtenir un permis chinois provisoire. C’est l’un des exemples de longues et fastidieuses formalités auxquelles le voyageur sera confronté. Dans un bureau de l’administration, les démarches peuvent prendre des heures, voire même la journée. Longues files d’attente, preuve de votre enregistrement dans le pays, traduction de votre permis français par une association d’interprètes agréée, dossiers à remplir, photocopies, photos d’identité, présentation de la carte grise (bleu en Chine) du véhicule… Vous aurez aussi le droit à une série d’examens médicaux en huit étapes. Une véritable plongée dans l’univers ubuesque de l’administration chinoise. L’occasion pour le voyageur de comprendre dès son arrivée qu’il est entré dans un « autre monde ». Un conseil : prenez votre mal en patience et ne vous énervez pas. Consolez-vous : pour les Chinois, c’est encore pire. Ceux qui peuvent se payer un véhicule et un permis doivent attendre d’être tirés au sort pour pouvoir obtenir leur plaque d’immatriculation ! Dans ce pays d’1,4 milliards d’habitants, pour restreindre la circulation, le gouvernement a aussi décidé que les personnes âgées depuis plus de 70 ans ne pouvaient plus conduire. Pour les camping-caristes français, la FFCC est actuellement en train de discuter avec ses homologues chinois pour obtenir des dérogations.

Renseignementshttps://cn.ambafrance.org/Permis-de-conduire

Un circuit en Chine avec la FFCC

Officiellement les étrangers ne peuvent toujours pas circuler librement en Chine avec leur propre véhicule. Il faut bien sûr posséder un visa, mais aussi un permis de conduire chinois, être immatriculé, accompagné d’un guide, fournir son itinéraire, obtenir les permissions qui dépendent des régions traversées, etc. Les démarches et les délais d’obtention peuvent donc être longs. Pour toutes ses formalités administratives, auxquelles s’ajoute souvent la barrière de la langue, il est indispensable de se rapprocher d’une agence de voyage, pour organiser son circuit en camping-car en Chine. Depuis une dizaine d’années, la Fédération française des campeurs, caravaniers et camping-caristes, FFCC, a noué des liens avec ses homologues chinois. De ce partenariat est né le raid annuel Paris-Pékin-Istanbul (PPI). En 2018, en collaboration avec l’agence AnYeRV, (Camping-Car club de Shanghai) – dont la FFCC est membre honoraire depuis novembre 2015 – un nouveau circuit sera proposé. D’une durée de trois semaines, il vous fera découvrir à bord d’un camping-car chinois, la région de Shanghaï avec les étapes et visites mentionnées dans notre reportage. Nous l’avons testé en avant-pemière en novembre 2017 (sous un format de 2 semaines) pour Camping-Car Magazine. Ce circuit devrait être disponible au printemps 2018. 

Renseignements : info@ffcc.fr – www.ffcc.fr – 01 42 72 84 08

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