Bosnie-Herzégovine

Srebrenica, entre douleur et espoir

Le village de Srebrenica en Bosnie-Herzégovine *, a été le théâtre d’un massacre de masse. Plus de 8 000 hommes « bosniaques » ont été assassinés par les soldats du général serbe de Bosnie, Ratko Mladić du 11 au 16 juillet 1995. Ce crime perpétué durant les guerres d’ex-Yougoslavie est considéré comme le « pire massacre commis en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». Les juridictions internationales s’accordent sur le terme de génocide pour qualifier ces tueries de masse à caractère ethnique. Mais cette dénomination fait encore l’objet de contestations, notamment de la part des Serbes, qui rappellent par exemple avoir été victimes d’exactions durant ces conflits. Au-delà de la bataille des mots et de celle de la Mémoire, la ville de Srebrenica, le cimetière-mémorial de Potočari et son musée – situés dans les entrepôts qui servaient alors de base des casque bleus néerlandais de l’ONU – se posent comme les vestiges d’une véritable tragédie humaine. Brut, sans artifice, en prise directe avec la réalité, il oblige chaque visiteur à se confronter au pire de l’Humanité. 

bosnie srebrenica

Peuplé à majorité de Bosniaques, mais situé tout près de la frontière serbe, le village de Srebenica fut assiégée dès 1992 par les forces serbes au début de la guerre de Bosnie. Les massacres des populations – majoritairement des hommes et adolescents « en âge de combattre » – ont été perpétrés entre le 11 et le 16 juillet 1995.

photos srebrenica

guerre srebrenica

jeune mosquée

Aujourd’hui, la commune de Srebrenica située en République serbe de Bosnie compte à peine 3 000 habitants. Le calme est revenu avec les efforts du pays pour la réconciliation, même si Srebrenica est aujourd’hui en majorité peuplée de Serbes.

Les tombes musulmanes de jeunes hommes, vieillards et adolescents bosniaques de Srebrenica. Le mémorial de Potočari recense pour l’heure 8 372 victimes, tuées ou exécutées à partir du 11 juillet 1995, alors que la ville venait de tomber aux mains des forces serbes dirigées par Ratko Madlić. (Cliquez pour faire défiler les photos)

musée mémorial srebrenica

usine Potočari

De l’autre côté de la route, le musée a été financé par le gouvernement des Pays-Bas. Les usines abandonnées ont servi de camp de base à la Dutchbat, le bataillon de Casques bleus néerlandais chargé de protéger l’enclave bosniaque dès 1993. À une dizaine de kilomètres du mémorial de Potočari, un autre monument est érigé, celui-ci à la mémoire des 3 267 Serbes tués dans la région entre 1992 et 1995.

bunker srebrenica

Lors de la chute de Srebrenica, le 11 juillet 1995, les soldats du général serbe Ratko Mladić séparèrent à Potočari les hommes en âge de combattre, les femmes, les enfants et les vieillards. Les entrepôts ont servi de centres de détention, avant que les victimes ne soient exécutées dans des lieux alentours.

bâtiment srebrenica

exposition srebrenica

Les entrepôts de la zone industrielle de Potočari ont été laissés en l’état. L’une des fabriques abrite des expositions photos sur le conflit et sur les camps de réfugiés, ainsi qu’une salle des victimes exposant les effets personnels retrouvés dans les fosses communes. Le musée compte aussi une salle de projection et un centre de documentation.

Slobodan Milošević, ex-président de Serbie (1989-1997) et de la République fédérale de Yougoslavie (1997-2000), poursuivi par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide. Il est décédé en 2000 avant la fin de son procès. Radovan Karadžić, président la République serbe de Bosnie en 1992, condamné en mars 2016 par le TPIY à 40 ans d’emprisonnement pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, notamment pour le massacre de Srebrenica. Ratko Mladić, commandant en chef de l’armée de la République serbe de Bosnie pendant la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995, poursuivi pour crimes contre l’humanité et violations des lois et coutumes de guerre. Son procès est toujours en cours. (Cliquez pour faire défiler les photos)

crâne srebrenica

srebrenica police

Une partie des photos exposées dans l’usine désaffectée est consacrée au travail d’identification des corps, toujours en cours. Ce travail est effectué par le centre d’identification de Tuzla, missionné par la Commission internationale sur les personnes disparues (ICMP). Les dernières identifiées sont inhumées chaque 11 juillet à l’occasion des commémorations du massacre de Srebrenica.

Des graffitis laissés par les prisonniers et les Casques bleus néerlandais (ONU), dont certains particulièrement odieux. (Cliquez pour faire défiler les photos)

C’est sur une pierre commémorative du mémorial de Potočari qu’est inscrit un message d’espoir en plusieurs langues : « Au Nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Très Compatissant, Nous prions Dieu tout-puissant, Que les griefs deviennent l’espoir ! Que la vengeance devienne la justice ! Que les larmes des mères deviennent prières, Que Srebrenica, Ne se reproduise jamais, Pour personne et nulle part ! »

* Les Accords de paix de Dayton ont abouti, en décembre 1995, au découpage ethnique de la Bosnie-Herzégovine. Aujourd’hui,  le pays est scindé en deux entités distinctes : la Fédération croato-bosniaque et la République serbe de Bosnie (Republika Srpska). Srebrenica se situe aujourd’hui dans la seconde. En savoir plus : Un reportage exhaustif de Médiapart réalisé peu avant le 20e  » anniversaire  » du massacre de Srebrenica.

© www.peripleties.fr – Janvier 2016

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