Notre merveilleux road trip en Gaspésie (Québec)

Après un mois sur les routes du Québec, dont 17 jours en Gaspésie, on vous partage ici notre circuit, nos coups de cœur et tout ce que nous aurions aimé savoir avant de partir.

Un road trip de deux semaines en camping-car au Québec

C’était la première fois que nous posions le pied en Amérique du Nord. Et pour ce voyage de 17 jours en Gaspésie, au Québec, nous avons choisi de louer un camping-car (cellule Pick-Up) au départ de Montréal.

Si vous envisagez vous aussi de partir à la découverte du Québec en camping-car, plusieurs solutions existent pour trouver et comparer les offres. Nous avons notamment utilisé CamperDays, qui permet de comparer les tarifs de différents loueurs canadiens comme CanaDream, Fraserway ou Cruise Canada, avec plusieurs villes de prise en charge possibles : Montréal, Québec, Vancouver, Toronto, Ottawa…

Camping-car avec cellule pick-up sur une route de Gaspésie au Québec
Notre camping-car avec cellule pick-up au cœur de la Gaspésie, au Québec.

Vous pouvez également passer par Authentik Canada, qui propose des voyages sur mesure et des road trips clés en main, avec la location du véhicule, l’itinéraire et un road book pour chaque étape.

De notre côté, nous avons organisé nous-mêmes notre itinéraire et réservé notre véhicule séparément. Nous vous racontons d’ailleurs toute notre expérience, avec les prix, le choix du camping-car et les différentes étapes de préparation, dans notre article consacré à la location d’un camping-car au Canada.

Nos premières impressions de voyage Québec

Forcément, les premières heures ont été un peu particulières : entre l’excitation de la nouveauté et le décalage horaire, on ne savait plus vraiment quelle heure il était ni ce qui se passait autour de nous.

Dès les premiers kilomètres à bord de notre camping-car de location, on s’est sentis dépaysés. Pourtant, les panneaux sont bien en français, mais ici, le traditionnel « STOP » devient par exemple un « ARRÊT » ! De petits détails qui nous rappellent immédiatement qu’on est bel et bien de l’autre côté de l’Atlantique.

Vue sur le fleuve Saint-Laurent depuis au Québec
Pour atteindre la péninsule de Gaspésie au Québec, nous avons longé les rives du Saint-Laurent et découvert des panoramas où le fleuve semble se confondre avec la mer.

Conduire un camping-car au Québec

On se souvient aussi avoir été surpris par certaines voitures, dont quelques-unes n’ont pas de plaque d’immatriculation à l’arrière, mais surtout par la longueur et la largeur démesurées des routes. Paradoxalement, cela nous a plutôt rassurés au volant : avec des routes aussi larges, on a finalement moins l’impression de conduire un véhicule imposant. Bon, la prise en main depuis Montréal reste tout de même assez impressionnante quand on découvre le camping-car et la circulation de Montréal en même temps !

Route traversant une forêt lors d’un road trip en Gaspésie au Québec
Les grandes routes de Gaspésie, ici au volant de notre camping-car.

Et puis, il y a cette règle assez étonnante pour nous : au Québec, il est permis de tourner à droite à un feu rouge lorsqu’il n’y a personne, après avoir marqué l’arrêt et sauf indication contraire. Autant vous dire qu’au début, on hésitait un peu !

Des petits détails, finalement, mais qui nous ont mis directement dans le bain. Et c’est aussi ça qu’on aime quand on voyage : ces premières heures où tout semble un peu différent, où l’on observe tout et où chaque détail nous rappelle qu’on vient d’arriver dans un nouvel univers.

Panneaux de rue et feu de circulation à Québec au Québec
Des carrefour de rue bien différents de ceux que nous connaissons en France !

La Gaspésie, une péninsule au bout du Canada

Nous avons donc mis le cap sur la Gaspésie. En langue micmaque, Gaspésie signifie « là où la terre finit ». Un nom qui prend tout son sens quand on parcourt cette péninsule du bout du monde, à l’extrémité est du Québec.

Le berceau de l’Amérique française

Gaspé est considérée comme le berceau de l’Amérique française : c’est ici que Jacques Cartier débarqua en 1534 et érigea une croix au nom du roi de France. Cette histoire donne à la ville et à toute la région de Gaspésie une dimension particulière, entre héritage français, cultures autochtones et histoire maritime.

Paysage côtier du parc national de Forillon en Gaspésie au Québec
Les falaises de Forillon en Gaspésie (Québec) plongent dans la baie Saint-Laurent
Panneau « Bout du monde » au bord du Saint-Laurent à Forillon en Gaspésie
Arrivés au « bout du monde » dans le parc national de Forillon !

Notre itinéraire en Gaspésie (Québec) au départ de Montréal

La Gaspésie (Québec) est un grand territoire, peu peuplé, où la distance se mesure autant en kilomètres qu’en temps. Depuis Montréal, comptez environ 600 km pour rejoindre l’entrée de la péninsule gaspésienne (Rimouski) en traversant le Bas-Saint-Laurent (où on a aussi envie de s’arrêter régulièrement !). Depuis la ville de Québec, comptez 300 km. C’est toujours utile à savoir si on a moins de temps sur place.

Jolie maison québécoise au bord du fleuve dans le Bas-Saint-Laurent
En route vers la Gaspésie, les jolies maisons qui bordent le fleuve Saint-Laurent.

Faire le tour de la Gaspésie

Ensuite, la Gaspésie se parcourt assez facilement. On ne « choisit » pas vraiment son itinéraire : la route fait naturellement le tour de la péninsule, avec seulement quelques axes qui permettent de la traverser.

De Sainte-Anne-des-Monts à Gaspé, puis jusqu’à Percé et la baie des Chaleurs, nous avons ainsi parcouru une bonne partie de cette immense région de l’est du Québec en camping-car.

Conducteur au volant d’un pick-up avec cellule lors d’un road trip en Gaspésie au Québec
Prise en main de notre pick-up équipé d’une cellule pour notre road trip en Gaspésie.

Où dormir en camping-car au Québec (Gaspésie) ?

En revanche, comme dans beaucoup de régions touristiques d’Europe, la Gaspésie a connu une forte augmentation du tourisme en véhicule aménagé depuis le Covid. Résultat : il n’est pas rare de croiser des interdictions de stationner la nuit pour les camping-cars et les vans, notamment dans les endroits les plus fréquentés.

Panneau interdisant le stationnement et le camping de nuit en Gaspésie au Québec
En Gaspésie, le stationnement de nuit et le camping dépend des endroits.

Mais pas d’inquiétude pour autant : plusieurs villages-étapes ont aménagé des endroits dédiés aux véhicules récréatifs, parfois même gratuitement, pour permettre aux voyageurs de faire une halte. Nous y reviendrons plus en détail un peu plus loin, car cela peut vraiment faciliter l’organisation d’un road trip en Gaspésie.

Dans les parcs nationaux, les règles sont généralement beaucoup plus strictes : le camping est encadré et il n’est pas question de s’installer où bon vous semble. Là encore, mieux vaut connaître les règles avant d’arriver, surtout si vous voyagez en camping-car.

Camping-car stationné sous un panneau d’arrêt nuitée au Québec
Des emplacements dédiés aux camping-cars pour passer la nuit au Québec.

Carte des villages-relais en Gaspésie (Québec)

Un autre conseil que nous avons trouvé bien pratique : passez dans les offices de tourisme (ou bureaux d’information touristique) de la Gaspésie. On y trouve gratuitement plusieurs documents qui peuvent vraiment faciliter le voyage.

Nous vous conseillons notamment de récupérer la carte des haltes pour camping-cars, très pratique pour repérer les endroits où faire étape au fil de votre itinéraire. Nous avons également aimé la carte des microbrasseries de la Gaspésie, parfaite pour repérer les bonnes adresses et découvrir les bières produites localement.

Camping-car devant la microbrasserie Frontibus en Gaspésie au Québec
Une halte gourmande à la microbrasserie Frontibus lors de notre road trip en Gaspésie.

Combien de jours pour faire la Gaspésie ?

Si cela semble simple, on préconise de se ménager 15 jours, 10 minimum, pour découvrir la Gaspésie au Québec. Entre les distances à parcourir et les arrêts prolongés, notamment dans les parcs nationaux, le temps passe vite et vous risquez d’être frustrés si vous voulez aller trop vite.

De notre côté, ces 17 jours nous ont finalement semblés assez courts. On entend pourtant régulièrement parler de voyageurs qui font le tour de la péninsule gaspésienne en seulement sept jours…

C’est évidemment tentant quand on vient de loin et qu’on veut découvrir un maximum de choses, mais nous pensons que ce rythme peut aussi faire passer à côté de l’essentiel. La Gaspésie mérite, selon nous, de prendre son temps, de s’arrêter et parfois simplement de profiter d’un endroit sans penser à l’étape suivante.

Paysage côtier près de Percé en Gaspésie au Québec
15 jours en Gaspésie ne sont pas de trop pour profiter de la péninsule autrement qu’au pas de course.

Que faire en Gaspésie ? Nos incontournables et coups de cœur

D’ailleurs, rentrons dans le vif ! Qu’y a-t-il de si intéressant à faire le long de la péninsule gaspésienne ? Si nous devions résumer en quelques mots ce road trip avec le recul, disons que c’est un savant mélange de paysages tout en contraste : on passe littéralement des plus hauts sommets du Québec à la mer, avec, à la clé, des ambiances qu’on ne voit nulle part ailleurs au Canada, sauf peut-être en Nouvelle-Écosse. Il y a aussi ce mélange très subtil de cultures qui a forgé l’identité gaspésienne.

Camping-car au bivouac dans le parc national de la Gaspésie au Québec
Notre camping-car installé pour la nuit au cœur du parc national de la Gaspésie.
Paysage côtier du parc national de la Gaspésie au Québec avec une montagne en arrière-plan
Entre montagnes, forêt et littoral, les paysages sauvages de la Gaspésie.

Nos coups de cœur en Gaspésie

Si l’on détaille ci-après notre parcours, nous pouvons déjà dire que nos coups de cœur sont le parc national Forillon, l’observation des baleines au large de Gaspé et les microbrasseries québécoises ! Mention spéciale à la brasserie Frontibus à Rivière-au-Renard, les délicieux fruits de mer dans les poissonneries typiques gaspésiennes, sans oublier… l’accueil et la bonhomie des Québécois.

Assiette de crabe des neiges dans un restaurant en Gaspésie au Québec
Le crabe des neiges, l’une des spécialités de la mer à goûter en Gaspésie.

Le parc national de la Gaspésie : au cœur des monts Chic-Chocs

Nous avons commencé notre immersion par le parc national de la Gaspésie, au cœur des monts Chic-Chocs, l’un des joyaux naturels du Québec. Ils appartiennent à la chaîne des Appalaches, qui s’étire jusqu’au bout de la péninsule gaspésienne, jusqu’au parc national Forillon, et abritent les plus hauts sommets du sud du Québec.

Le parc national de la Gaspésie est un haut lieu de randonnée reconnu pour ses paysages de toundra alpine et sa faune unique, notamment le dernier troupeau de caribous au sud du fleuve Saint-Laurent. Nous y avons passé trois jours.

Femme admirant les montagnes du parc national de la Gaspésie au Québec
Face aux grands espaces du parc national de la Gaspésie.

Droit d’accès au parc national de la Gaspésie

Pour visiter le parc national de la Gaspésie, il faut se procurer un droit d’accès quotidien, obligatoire aussi bien pour une visite à la journée que pour un séjour avec hébergement.

En 2026, le tarif est de 10,30 $ CA par adulte (18 ans et plus) et par jour, taxes incluses. L’accès est gratuit pour les enfants et adolescents de 17 ans et moins.

Si vous séjournez dans le parc, ce droit d’accès s’ajoute au prix de l’hébergement ou de l’emplacement camping. Il est recommandé de l’acheter en ligne avant votre visite sur le site du Sépaq.

Hôtel au cœur du parc national de la Gaspésie au Québec
Un hôtel niché au cœur du parc national de la Gaspésie.

Où dormir en camping-car dans le parc national de la Gaspésie ?

En camping-car, il est impossible de dormir librement dans le parc : les emplacements sont réglementés et payants, et il faut souvent réserver plusieurs jours à l’avance, surtout en saison, pour espérer avoir de la place. En 2026, les tarifs affichés par la Sépaq commencent à 34,20 $ CA/nuit pour un emplacement sans services, et à partir de 44,70 $ CA/nuit avec service.

Il est toutefois possible d’entrer et de sortir du parc chaque jour, mais cela implique alors de bien anticiper son organisation, notamment pour les randonnées de plus de 15 km, qui demandent du temps et de l’énergie.

Camping-car avec cellule pick-up sur un emplacement de camping dans le parc national de la Gaspésie
Emplacement dans le parc national de la Gaspésie, à partir de 34 $ CA sans service.

Notre mésaventure pour trouver une place au camping

Comme nous n’avions pas réservé suffisamment à l’avance et que nous étions fin août, il n’y avait plus de place pour nos nuits dans le parc. Nous avons donc dû nous organiser autrement.

Pour notre première nuit, nous avons opté pour l’une des 8 places de l’Espace VR La Vallée, une aire de stationnement située à proximité du centre de découverte et de services du parc. Il n’y a aucun service sur les emplacements, qui sont installés sur une surface de gravier, mais c’est une solution pratique pour passer la nuit avec son véhicule avant de partir en randonnée le lendemain. Le tarif débute à 21,30 $ CA par nuit, auxquels s’ajoutent les taxes et le droit d’accès au parc.

Camping-cars et véhicules récréatifs dans un camping du parc national de la Gaspésie au Québec
Notre camping-car sur l’air VR de la Vallée dans le Parc national de la Gaspésie.

La nuit suivante, nous avons réussi à obtenir un emplacement au site de La Rivière. Ici, on trouve une vraie ambiance de camping nature : un emplacement bien délimité, un petit coin rien qu’à nous, une place à feu et des blocs sanitaires communs dans le secteur.

À savoir avant de partir : la gestion des parcs au Québec

Au Québec, la majorité des parcs nationaux sont gérés par la Sépaq (Société des établissements de plein air du Québec). Ce sont des parcs provinciaux, où l’accès est payant, soit via un droit d’entrée journalier, soit grâce à une carte annuelle, valable dans l’ensemble du réseau. Cette carte donne accès aux parcs, mais n’inclut pas l’hébergement : les nuitées en camping ou en refuge sont payantes et à réserver séparément.

À noter toutefois que tous les parcs ne dépendent pas de la Sépaq. Certains sont gérés par l’État fédéral, comme le parc national Forillon : dans ce cas, la carte annuelle Sépaq n’est pas valable. Un point important à connaître pour bien anticiper son budget et son organisation lors d’un road trip au Québec.

Le mont Albert : notre plus belle randonnée en Gaspésie

Pour nous, le mont Albert reste sans conteste la plus belle randonnée que nous ayons réalisée. Sommet emblématique des Chic-Chocs, au cœur des Appalaches, ce parcours de 18 km nous a offert une expérience inoubliable. Bien que la montée soit exigeante, avec ses 860 mètres de dénivelé, l’effort en valait largement la peine pour la récompense qui nous attendait au sommet.

Randonneur sur le sentier du mont Albert dans le parc national de la Gaspésie
Le sentier du mont Albert traverse un paysage de toundra au cœur des monts Chic-Chocs.
Paysage de toundra et étang au mont Albert dans le parc national de la Gaspésie
La toundra du mont Albert et ses paysages qui nous ont parfois rappelé la Finlande.

Nous y avons découvert une toundra alpine à perte de vue, dominant un décor spectaculaire entre roches basaltiques, cascades et rivières à saumons. Traverser ces paysages de forêts boréales et de lacs cinématographiques nous a permis de vivre, en une seule journée, un véritable condensé de la nature sauvage de la Gaspésie.

On a retrouvé ces grands paysages de toundra qui nous fascinent tant en Finlande, avec une variété de décors assez incroyable tout au long du sentier. C’était vraiment un moment suspendu.

Randonneurs au milieu des roches basaltiques du mont Albert en Gaspésie
Une partie du sentier du mont Albert traverse un impressionnant chaos de roches basaltiques.

Le mont Jacques-Cartier : sur les traces des derniers caribous

Après avoir randonné au mont Ernest, beaucoup plus familial, nous avons pris la direction du mont Jacques-Cartier, deuxième plus haut sommet du Québec, niché au cœur du parc et à l’écart des grands axes touristiques.

Bon, accrochez-vous, car pour s’y rendre, il faut emprunter la route 14, soit avec son propre véhicule, soit via une navette payante à réserver à l’avance. L’accès au site est strictement réglementé : la navette nous dépose au départ de la randonnée entre 10 h et 16 h, la zone étant protégée afin de préserver les derniers caribous sauvages de Gaspésie.

Site de départ de la randonnée du mont Jacques-Cartier en Gaspésie
Le point de départ de la randonnée du mont Jacques-Cartier.

De notre côté, nous avions réservé une place au camping du mont Albert, ce qui nous permettait d’être directement sur place et surtout d’éviter les 30 minutes de navette le matin. Et, accessoirement, d’arriver un peu plus tôt sur le sentier. Car … il y a quand même du monde ! Même si les navettes permettent de bien réguler les départs, on peut rapidement se retrouver à plusieurs sur le sentier… et parfois même en file indienne !

Randonneurs sur le sentier rocailleux du mont Jacques-Cartier en Gaspésie
Un paysage presque polaire sur les hauteurs du mont Jacques-Cartier.

Autant vous dire qu’avoir notre emplacement juste à côté du départ était plutôt appréciable.

Ici, la frustration de ne pas pouvoir les observer fait partie de l’expérience : la préservation passe avant le tourisme. Le paysage, très aride, presque polaire, tranche radicalement avec le reste du parc et renforce ce sentiment d’être dans un lieu à part, à la fois rude et fragile.

Toilettes sèches sur le sentier du mont Jacques-Cartier en Gaspésie
Même au cœur des paysages sauvages du mont Jacques-Cartier, il faut bien prévoir une petite pause !

Retrouver le Saint-Laurent : la route vers Forillon

En se remémorant ce voyage on se rend compte qu’on a eu deux road trips en un en Gaspésie ! L’un parmi les montagnes, un peu ce qu’on attend du Canada, et l’autre tournée vers la mer. Enfin… nous nous égarons ! Vers le Saint-Laurent !

Mais la confusion est courante. Le fleuve est ici si large qu’on a parfois l’impression de longer une véritable mer. La route qui suit la côte est tout simplement magnifique, ponctuée de villages de pêcheurs et de plusieurs phares historiques qui jalonnent le territoire.

Route traversant une petite ville de Gaspésie au Québec avec notre camping-car
En route à travers les paysages de la Gaspésie avec notre camping-car.

Cap sur la pointe de la Renommée

Nous faisons un passage à la Pointe-à-la-Renommée, où se trouve le fameux « phare voyageur ». Le site abrite également la première station radiomaritime en Amérique du Nord, installée par Marconi en 1904.

Le phare actuel, qui date de 1907, a d’ailleurs été démonté, déplacé à Québec, avant de revenir sur son site d’origine. À savoir que certains soirs d’été, il y un spectacle son et lumière projeté sur le phare. Apparemment, ça vaut le détour… mais pour nous, l’appel de la bière sera plus fort !

Après quelques jours à vivre au parc national de Gaspésie, on avait surtout envie de revoir du monde dans une ambiance plus festive !

Phare de la Pointe-à-la-Renommée face au Saint-Laurent en Gaspésie
Le célèbre phare voyageur de la Pointe-à-la-Renommée, face au Saint-Laurent.

Une bonne adresse à Rivière-au-Renard : la brasserie Frontibus

À Rivière-au-Renard, nous avons eu un vrai coup de cœur pour la brasserie Frontibus. On y trouve de bonnes bières locales, des plats de brasserie et une ambiance vraiment chaleureuse, avec parfois des concerts. L’équipe est adorable et c’est typiquement le genre d’endroit où l’on a envie de s’attarder un peu.

Poutine québécoise avec frites, fromage en grains et sauce
Impossible de passer au Québec sans goûter à une bonne poutine !

Forillon : notre coup de cœur en Gaspésie

Forillon, c’est une grande péninsule protégée à l’extrémité est de la Gaspésie, là où les montagnes rencontrent directement le Saint-Laurent. Créé en 1970, le parc national de Forillon est connu pour ses falaises, ses forêts, ses paysages côtiers et sa faune, mais aussi pour son histoire profondément liée aux communautés qui vivaient autrefois sur ce territoire.

Et dès les premiers kilomètres, on comprend vite pourquoi Forillon est considéré comme l’un des incontournables de la Gaspésie.

Vue sur le phare de Cap-des-Rosiers depuis les falaises de Forillon en Gaspésie
Le phare de Cap-des-Rosiers se détache au loin sur la côte de Forillon.
Paysage côtier du parc national de Forillon en Gaspésie au Québec
Les falaises de Forillon plongent dans la baie Saint-Laurent.

Pour nous, les plus beaux paysages de Gaspésie 

On alterne entre caps vertigineux, baies calmes, prairies côtières et sentiers qui longent la mer, avec en permanence cette sensation d’espace et de respiration.

Les falaises et les couches de roches visibles le long de la côte témoignent de l’histoire géologique du site. À Forillon, on peut vraiment observer les plissements, les strates et les roches sédimentaires des Appalaches, qui ont été soulevées, déformées puis sculptées par l’érosion au fil du temps.

C’est ce qui donne notamment ces falaises très découpées et ces caps rocheux qui plongent dans le Saint-Laurent.

Le parc national de Forillon protège un territoire exceptionnel où les forêts, les falaises et le littoral se côtoient. Cette diversité de milieux abrite une faune riche, avec notamment des orignaux, des ours noirs, des phoques et de nombreuses espèces d’oiseaux.

Observer les ours de Forillon : nous n’avons pas eu cette chance !

À Forillon, on peut aussi théoriquement observer … des ours ! Alors, pas de la taille de grizzlis, mais ce sont quand même des ours ! Et ce n’est pas rare de voir des pancartes vous indiquant leur présence et les bonnes attitudes à adopter.

Honnêtement, on n’en a pas vu et je reste un peu déçu. Mais bon, c’est comme ça. La nature décide et c’est très bien ainsi !

Une histoire très riche

Mais Forillon est aussi un territoire profondément marqué par l’histoire humaine, puisque des familles de pêcheurs vivaient ici bien avant la création du parc.

Il faut savoir qu’avant la création du parc, Forillon était habité par de nombreuses familles, issues notamment de colons français, acadiens, jersiais et normands. Depuis le XVIe siècle, le territoire était fréquenté par des pêcheurs européens. Et bien avant eux, Forillon était la terre des autochtones, les Mic-Macs. Les premières familles européennes commencèrent à s’y installer de façon permanente à partir de la fin du XVIIIᵉ siècle.

Ces communautés vivaient principalement de la pêche à la morue. Beaucoup étaient des pêcheurs-cultivateurs : ils pêchaient en mer tout en cultivant un petit lopin de terre pour subvenir à leurs besoins.

À Grande-Grave, les compagnies de pêche Fruing et Hyman faisaient travailler des dizaines de pêcheurs et le village comptait près de 400 habitants à son apogée. Aujourd’hui, plusieurs bâtiments permettent encore de découvrir cette vie passée, notamment la Maison Blanchette, la Maison Dolbel-Roberts et le magasin général Hyman & Sons. Ce sont autant de vestiges de la vie d’autrefois, que des troupes théâtrales font même revivre le temps de quelques scènes.

Où camper au Parc naturel de Forillon ?

Après une nuit au camping de Des-Rosiers, nous avons séjourné au camping de Petit-Gaspé, dans le secteur sud du parc national de Forillon. Les deux campings sont assez différents : Des-Rosiers est davantage ouvert sur le littoral, tandis que Petit-Gaspé est installé au cœur de la forêt. Pour nous, Petit-Gaspé est particulièrement bien situé pour rayonner dans le parc et partir directement sur plusieurs sentiers, notamment celui qui mène au phare de Cap-Gaspé.

: Homme devant un bâtiment historique au cap Gaspé dans le parc national de Forillon
Au cap Gaspé, à l’extrémité du parc national de Forillon.

En revanche, si vous cherchez les plus beaux couchers de soleil, le secteur de Des-Rosiers, davantage tourné vers le nord-ouest, est probablement mieux placé. En 2026, comptez 34 $ CA la nuit pour un emplacement sans service, 40 $ CA avec électricité et 43,75 $ CA avec eau et électricité, hors droits d’entrée.

Baleines dans la baie de Gaspé : une sortie exceptionnelle

On associe souvent l’observation des baleines à Tadoussac. Pourtant, Gaspé est aussi un point stratégique : une véritable autoroute migratoire.

Pour cette sortie en mer, nous avons choisi la compagnie Cap Aventure, que nous conseillons mille fois ! Nous avons vraiment eu des conditions idéales : une mer d’huile et une météo magnifique. La veille, les conditions étaient apparemment bien différentes, avec un bateau qui se faisait sérieusement secouer. Autant dire que nous avons eu beaucoup de chance !

Croisière aux baleines dans la baie de Gaspé

Et ce jour-là, les baleines étaient au rendez-vous… en nombre ! Nous avons notamment eu la chance d’observer des rorquals à bosse, mais aussi d’autres espèces de baleines et de nombreux marsouins.

Mais au-delà des animaux, c’est aussi la rencontre avec les gens de la mer qui nous a marqués. Notre guide avait cette passion communicative pour le milieu marin et pour ce territoire, et cela a vraiment donné une autre dimension à la sortie. On sentait qu’il ne s’agissait pas simplement de partir « voir des baleines », mais de nous faire découvrir un environnement qu’il connait et aime profondément.

Une adresse coup de cœur à Gaspé : Le Brise Bise

Après cette matinée riche en émotions avec les baleines, on avait bien mérité une pause gourmande. Et c’est au Bistro-Bar Le Brise Bise, à Gaspé, que nous avons trouvé l’une de nos adresses préférées du voyage.

J’y ai commandé une salade de homard, et c’était délicieux. Une pause parfaite pour se remettre de nos émotions !

Les Micmacs, premiers habitants de la Gaspésie

Nous avons également visité un site d’interprétation consacré aux Micmacs. Nous vous conseillons vraiment de prendre le temps de découvrir cette culture autochtone, qui peut facilement être oubliée lorsqu’on parcourt la Gaspésie en se concentrant uniquement sur les paysages et les parcs.

Les Micmacs occupaient ces rivages bien avant l’arrivée des Européens, et leur empreinte culturelle est encore perceptible aujourd’hui dans les toponymes, les légendes et certains lieux importants de la région.

Et si vous souhaitez aller plus loin, le Musée de la civilisation à Québec propose une approche beaucoup plus complète de l’histoire et des cultures autochtones, mais aussi des enjeux auxquels sont encore confrontés aujourd’hui les descendants des Premiers Peuples. Nous avons trouvé la visite particulièrement intéressante, justement parce qu’elle aborde ces questions sans chercher à les édulcorer.

Percé : incontournable… mais un peu trop balnéaire pour nous

Après le parc national Forillon, nous poursuivons notre route vers Percé, l’un des endroits les plus touristiques de la Gaspésie. Avec son célèbre rocher Percé, ses falaises et sa baie ouverte sur le golfe du Saint-Laurent, la petite ville a aussi des airs de station balnéaire, avec ses restaurants, ses boutiques et ses nombreuses possibilités d’excursions en mer.

Notre adresse insolite : la Distillerie Société Secrète

Installée dans une ancienne église, la Distillerie Société Secrète nous a également beaucoup plu. Elle produit notamment du gin local, et nous sommes évidemment repartis avec une bouteille dans le camping-car. Une jolie découverte qui permet de découvrir une autre facette du savoir-faire gaspésien.

De Percé à la baie des Chaleurs : une Gaspésie plus tranquille

Quittant Percé, les paysages changent à nouveau. Les reliefs s’effacent progressivement et la route longe une côte beaucoup plus douce, ponctuée de villages de pêcheurs, de plages et de longues bandes de sable.

C’est ici que nous découvrons les barachois, ces cordons littoraux formés par l’accumulation de sédiments, qui créent des lagunes entre la terre et la mer. Ces milieux calmes sont particulièrement appréciés des oiseaux et offrent des paysages très différents de ceux des parcs nationaux.

Nous avons malheureusement eu moins de chance avec la météo dans la baie des Chaleurs. Difficile donc de comprendre totalement ce qui avait autant émerveillé Jacques Cartier lorsqu’il lui donna ce nom… On reviendra peut-être par beau temps !

Notre conseil : mangez du poisson et des fruits de mer !

En Gaspésie, il faut absolument pousser la porte des petites poissonneries et cantines du bord de route. Ici, on peut retrouver le poisson pêché le matin quelques heures plus tard dans son assiette, souvent dans une ambiance très simple et sans chichi. Le choix de fruits de mer est impressionnant.

Le plat typiquement populaire, c’est la guédille : un petit pain garni notamment de crevettes, de homard ou d’autres fruits de mer, avec une préparation à base de mayonnaise.

Nous avons notamment testé la Cantine du Quai à Grande-Rivière, mais c’est finalement à la Poissonnerie du Pêcheur à Bonaventure que nous avons préféré nous arrêter.

Et si vous en avez l’occasion, faites-en au moins une le soir : nous avons adoré notre repas de crabe des neiges, tout simplement génial !

Une halte chez un producteur : la Ferme Bourdages

Si vous voyagez en camping-car, on vous conseille aussi de faire une halte à la Ferme Bourdages à Saint-Siméon-de-Bonaventure, qui accueille les véhicules de passage.

C’est le genre d’étape que nous aimons particulièrement : on peut découvrir une production locale tout en trouvant un endroit où passer la nuit.

Et c’est aussi là que nous avons vécu l’une de nos petites galères du voyage… J’ai réussi à enfermer les clés dans la cellule du pick-up. Oui, oui, parfaitement !

Heureusement, tout s’est bien terminé, grâce à la gentillesse incroyable des employés et du patron, qui nous ont bien épaulés dans ce moment compliqué ! Cette petite mésaventure fait aujourd’hui partie des souvenirs qui nous font sourire quand on repense à notre road trip en Gaspésie, surtout quand on sirote le vin de fraise ramené de Gaspésie…

Après plus de 1 000 kilomètres de route et une centaine de kilomètres de randonnée, cette partie plus paisible de la Gaspésie nous a fait beaucoup de bien. On prend alors davantage le temps de profiter du littoral, de goûter aux produits de la mer et de découvrir une Gaspésie plus rurale et maritime, avant de retrouver peu à peu les forêts de la vallée de la Matapédia.

Nos vidéos à la découverte du Québec

Pour nous, la suite du voyage a été Québec, un véritable coup de cœur que vous pouvez d’ailleurs découvrir en vidéo, avant de rejoindre Montréal.

La vidéo complète de notre road trip en Gaspésie (Québec) et toutes nos découvertes sont à retrouver sur notre chaîne Péripléties pour vivre cette aventure en images.

On espère que cet article vous sera utile pour préparer votre voyage en Gaspésie au Québec. Et n’hésitez pas à nous partager vos impressions et vos propres conseils en commentaire !


FAQ : Voyage en Gaspésie

Quelle est la meilleure période pour aller en Gaspésie ?

Si le printemps est très agréable, pour nous, l’automne est clairement la meilleure période pour découvrir la Gaspésie, notamment entre mi-septembre et mi-octobre. Les couleurs commencent à apparaître, les températures sont plus agréables pour randonner et la fréquentation est généralement plus faible qu’en plein été.

Quel est le plus bel endroit en Gaspésie ?

Pour nous, c’est sans hésiter Forillon. Il y règne vraiment une ambiance de bout du monde : c’est sauvage, spectaculaire et parfois presque irréel. Nous avons particulièrement aimé la pointe de Cap-Gaspé, notamment au coucher du soleil. Les lumières sur les falaises et le golfe du Saint-Laurent sont tout simplement incroyables.

Comment se rendre en Gaspésie depuis la France ?

Pour rejoindre la Gaspésie depuis la France, Montréal et Québec sont desservies par des vols directs depuis Paris, notamment avec Air France, Air Transat et AIr Canada.

En 2026, Air Transat propose notamment des vols directs Paris–Québec, mais aussi, en saison, des liaisons directes Nantes–Québec et Marseille–Québec. En 2026, Air Transat propose notamment des vols directs Paris–Québec, mais aussi, en saison, des liaisons directes Nantes–Québec et Marseille–Québec.

Comment emmener son propre camping-car au Québec ?

Pour les voyageurs qui souhaitent rester plusieurs mois au Québec, expédier son propre camping-car peut devenir une alternative intéressante à la location de camping-car au Canada.

La solution la plus courante consiste à passer par un transitaire spécialisé dans le transport de véhicules. Parmi les acteurs régulièrement utilisés par les voyageurs : SeaBridge et IVSS, avec des départs depuis de grands ports européens pour rejoindre Halifax au Canada.

Quel est le prix pour emmener son camping-car au Canada ?

SeaBridge facture le transport vers Halifax autour de 59 € par m³, auxquels s’ajoutent les frais portuaires et de manutention. Pour un camping-car d’environ 7 mètres, compter 3 000 à 3 500 € pour l’aller selon les dimensions et les frais applicables. Il faut également anticiper le transport du véhicule jusqu’au port de départ en Europe (habituellement à Anvers, en Belgique), les formalités douanières, l’assurance maritime, les éventuels frais de port à l’arrivée et surtout le billet d’avion, puisque les cargos ne prennent pas les passagers. Pour un séjour d’un mois, la location d’un véhicule au Canada reste plus avantageuse. SeaBridge estime que le transport de son propre véhicule commence à devenir intéressant à partir d’environ quatre semaines sur place.

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