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Où voir les fresques murales d’Irlande du Nord ?

Les fresques murales sont une attraction touristique internationale. Elles décrivent le passé « troublé » de l’Irlande du Nord, qui s’efforce de conserver , la paix entre les communautés obtenu avec les accord de du Vendredi Saint. Belfast et Derry / Londonderry,  offrent des oeuvres vivantes, saisissantes. Elles reflètent les Troubles du pays de 1969 à 1998 et permettent de se projeter et de comprendre l’histoire conflictuelle du pays. On vous conseille vivement d’en faire le tour, pour l’art, pour l’histoire, pour la mémoire.  Voici les endroits à ne pas manquer.

« Derry » ou « Londonderry

La ville occupe les deux rives de la rivière Foyle. Les Républicains l’appellent Derry tandis que les Unionistes utilisent plus volontiers « Londonderry », pour marquer leur différence et rappeler l’attachement à la Grande-Bretagne. Cette ville fortifiée est principalement connue pour le siège de de la ville par Guillaume d’orange en 1689 et les événements tragiques du Bloody Sunday (lire encadré) en 1972. C’est une des villes ou observer le plus des fresques murales d’Irlande du Nord.

 

Les fresques du Bogside : Quartier républicain irlandais

Le quartier du Bogside  est situé à l’extérieur des remparts sur la rive est de la rivière Foyle. C’est un quartier ouvrier nationaliste et républicain irlandais. Ce quartier populaire a vu émerger le mouvement pour les droits civils de la communauté irlandaise catholique en Irlande du Nord, à la fin des années soixante. Les populations qui y vivent encore aujourd’hui sont encore davantage en proie au chômage et à la précarité que dans le reste de la ville.

A l’entrée du Bogside, on trouve le vestige du mur portant la mention : « You are now entering in Free Derry » (Vous entrez maintenant dans le Derry libre). Cette fresque murale a été créée après la bataille du Bogside en 1969 (9 morts, 700 blessés).  Lors de cette épisode des « troubles » les manifestants avaient dressé des barricades autour du Bogside, proclamant une zone de non-droit pour la police. L’armée britannique s’y est ensuite déployée. Le quartier du Bogside compte d’innombrables fresques officielles et d’autres ou plus clandestines.

Qui a peint les murales du Bogside ?

Dans les années 1990, un groupe d’artistes indépendant de Derry a créé les peintures murales dans le quartier républicain du Bogside. Elles reflètent la lutte pour les droits civils de la part des populations irlandaises catholiques, le souvenir des héros républicains, l’aspiration à l’unité irlandaise et commémorent les victimes des troubles en Irlande du Nord.  

 

L’IRA, une organisation en sommeil ? 

Les peintures murales sont utilisées par les Républicains comme moyen de communication et de revendication. Certaines sont plus virulentes ou plus clandestines et incitent à reprendre la lutte armée. L’IRA (Irish républican army) a officiellement déposé les armes en 2005, mais des groupes dissidents se sont créés.

D’autres murales au contraire se veulent davantage tourné sur un avenir pacifié. Au sein des quartiers républicains et loyalistes également, les nouvelles fresques véhiculent des signaux d’apaisement tournés vers l’avenir.


 Fountain : Quartier loyaliste-unioniste

Dans ce quartier, fief des loyalistes, l’extrémité des trottoirs et la base des lampadaires sont peints de bleu, rouge et blanc et le drapeau de l’Union Jack (Royaume-Uni) flotte dans les airs. En réalité, les premières fresques dIrlande du Nord furent réalisées par les loyalistes, en signe de protestation contre la Home Rule (XXe siècle) qui envisageait un projet d’autonomie de l’Irlande vis à vis de la Grande-Bretagne.

« Londonderry west bank loyalists still under siege. No Surrender » (La rive ouest de Londonderry demeure assiégée. Pas de capitulation) prévient une murale. Du côté unioniste, les peintures murales sont axées sur les symboles traditionnels unionistes, tels que le siège de Londonderry (1688), les batailles de la Boyne (1690) et de la Somme (1916), les silhouettes des hommes de l’Ulster Volunteer Force (UVF), groupe paramilitaire loyaliste d’Irlande du Nord ou encore des « Apprentices Boys of Derry » , confrérie protestante qui commémore chaque année le siège de Derry. Les parades qu’ils organisent chaque été furent à l’origine de la bataille de Bogside en 1969 et continuent de raviver les tensions chaque année.


Les ramparts de Derry – Londonderry

Les remparts de la ville séparent le quartier Fountains de la rue Bishop, au centre de Derry. Un autre mur érigé depuis l’une des portes de la cité isole encore davantage le quartier unioniste. Depuis 2011, dans le cadre du processus de paix, un passage a été creusé dans ce mur, appelé « mur de la paix ». Il permet la circulation entre les deux secteurs mais reste fermé dès 20h. Dans ce secteur, des projets intercommunautaires et touristiques (expositions sur l’histoire de la ville, applications smartphones et signalisations) visent à renforcer les liens entre les deux communautés.


La périphérie de Belfast

Au XVIIIe siècle, l’industrie prospérait grâce au port et aux diverses usines et manufactures (lin, chantier naval, usine de lin, tabac, distillerie). Dans la capitale nord-irlandaise vivent encore actuellement des citoyens « de seconde de zone » dans les anciens quartiers ouvriers. La précarité est identique dans les bastions républicains, dans le quartier de West Belfast, comme dans les quartiers loyalistes autour de Shankill road.

Horward street, le mur de la Paix

Dans cette zone ont eu lieu de vifs affrontements pendant la période des troubles d’Irlande du Nord. Des barricades encerclaient le quartier de West Belfast. Le « mur de la paix » ainsi qu’il est désigné, constitue toujours une barrière physique entre les deux communautés. Une zone de passage est ouverte pendant la journée pour permettre la circulation.

De jeunes graffeurs de chaque communauté oeuvrent régulièrement ensemble pour repeindre les murs avec des messages d’espoir sur le mur de la paix.

Quartier-ouest Belfast

 

Le mur international

Les connections avec d’autres causes s’expriment sur le mur international, cheminant de Falls road (quartier nationaliste) à Shankill road (quartier loyaliste). Du côté nationaliste, cette solidarité s’exprime avec le Pays Basque, la Nouvelle Calédonie, Cuba, ou la Palestine. En réponse, les loyalistes signent des fresques à l’effigie d’Israël.


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