« J’irai mourir dans les Carpates ! » : le nouveau film d’Antoine de Maximy

« J’irai dormir chez vous » vous connaissez ? Mais oui ! Le type un peu fou à la chemise rouge qui va dormir chez les inconnus partout dans le monde, c’est lui ! La saison 10 sera d’ailleurs lancée le 21 juin avec un nouvel épisode (le 61 ème !) sur Chypre. En 2019, l’animateur de télévision et réalisateur Antoine de Maximy démarre une tournée en France pour échanger sur les coulisses de l’émission de France 5 et parler de son nouveau projet. Après 15 ans d’émission il a décidé d’arrêter son programme TV pour aller mourir dans les Carpates… On vous raconte pourquoi !

Pas de panique c’est un film ! De fiction cette fois. Et nous avons eu la chance de rencontrer l’infatigable globe-trotter et précurseur d’une forme de voyage hautement transmissible. C’était lors d’une de ces premières dates en France à la Halle des 5 Fontaines, le cinéma de Delle (Territoire de Belfort). Il a longuement échangé avec le public (plus de 2 heures !) sans oublier de se plier au jeu des selfies avec ses fans (nous, les premiers !).

 

« J’irai dormir chez vous », 15 ans d’aventures dans le monde

 

Pour celles et ceux qui ne le connaîtraient pas encore, Antoine de Maximy, est le genre de globe-trotter qui se définit lui même comme « perturbé de naissance ». Son truc, prendre l’avion, seul avec ses caméras, pour une destination plus ou moins connue et rencontrer des gens au hasard, pour dormir chez eux ! Finalement tout est résumé dans le titre : « J’irai dormir chez vous » ! Et non, ce n’est pas intrusif, car au passage il découvre les gens qui vivent dans des endroits parfois insoupçonnés (ou pas d’ailleurs) et partage avec eux des moments de vie, comme en Tanzanie, séquences qu’il choisit de rediffuser au public de Delle, venu boire ses paroles.

Voyages et rencontres avec seulement 3 caméras

C’est fascinant, drôle, souvent émouvant. Voilà comment dire beaucoup d’un pays dans lequel on se trouve, sans en faire des caisses. Et puis, à l’heure où l’on passe le temps à nous rabâcher que le monde est dangereux, c’est le genre d’émission qui véhicule des valeurs simples et humanistes. « Partout il y a des gens sympas ! » énonce Antoine de Maximy, comme une loi universelle. Ce qui lui plaît, c’est le contraste de tous ces pays dans le monde et leur complémentarité. « Ce qui est important, c’est de traduire l’authenticité de la rencontre. 99% des gens se moquent qu’on les filme. Ce qu’ils veulent, c’est ne pas passer pour des imbéciles. ».

Antoine de Maximy : 60 ans de voyage et 60 pays traversés !

Ces 15 dernières années, il a mis les pieds dans 60 pays différents (mais une nouvelle saison est à venir). 60, comme son âge. Hé oui ! Le voyage ça conserve ! Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Antoine de Maximy a inventé une autre manière de raconter une histoire. Tout seul avec deux caméras fixées sur lui, une troisième à la main, il est le précurseur d’une forme de voyage à cheval entre le journal intime et la télé-réalité. Aujourd’hui, avec internet, les réseaux sociaux, des outils de communication et de traduction, Youtube, cela semble moins incroyable, mais imaginez il y a 15 ans ? Pas beaucoup de monde y croyait, surtout pas les chaînes de TV ! Pour nous, c’est le premier et le meilleur vlogueur voyage ! 

 

« Pendant 5 ans, je n’ai pas été payé du tout. »

« Il y a 15 ans, j’ai montré les quatre premiers épisodes de « J’ai dormir chez vous » de TF1 à M6, ils m’ont tous dit non. » Le pire dans tout cela, c’est que personne ne lui disait que son concept était mauvais. Ils ne savaient juste pas quoi en faire, si ce n’est de lui suggérer de le développer sur Internet peut-être ? Internet : là où on mettait à l’époque tout ce qui n’était pas « bankable* ». « C’est parce que cela ne coûtait pas cher que j’ai fait la série. Pendant 5 ans, je n’ai pas été payé du tout. Puis il y a eu la petite chaîne « Voyage » qui a commencé à diffuser les épisodes, cela servait tout juste à payer les tournages, mais je m’en foutais car c’était le truc de ma vie ! » Puis il y a eu Canal + et enfin France 5 qui a marqué la rencontre entre Antoine de Maximy et le public.

« Le public est une force, c’est lui qui oriente le programme»

Aujourd’hui, le coût de production et de réalisation d’un épisode est « peut-être de 80 000 €, attends, c’est possible ça ? Disons quelques dizaines de milliers d’euros… », évalue-t-il, en confessant ne pas « vraiment s’occuper de ça ». « Comme je dis souvent, si les programmes ne sont pas bien à la TV, c’est de la faute du public ! Si tout le monde voulait des documentaires japonais sous-titrés en chinois, il n’y aurait que ça à la télévision. Bon d’accord : les programmateurs ne sont pas très audacieux. Mais vraiment, le public est une force, c’est lui qui oriente le programme»

* bankable = rentable

Les pires galères de « J’irai dormir chez vous »

 

Nous Péripléties, n’avons pas du tout la prétention de son CV de voyageur, mais ça fait toujours quelque chose de voir ou de revoir ses aventures dans des pays où nous avons aussi vécu de fortes émotions : en Chine, en Irlande, en Finlandeet aussi en Bosnie avec le cambriolage de notre camping-car. Parfois ça se passe bien (la majeure partie du temps !), parfois mal, et parfois on sent bien qu’il y a comme un… truc.

« Plus je suis dans la merde, plus les gens sont contents ! »

Au cours de ses aventures, il arrive donc à Antoine De Maximy d’être dans de beaux draps, le genre de situations dont les gens raffolent en général. Parce qu’on se demande comment il va se tirer d’affaire ! Alors avec le même humour et la même légèreté que dans ses émissions, il raconte ses aventures et ses mésaventures. Un constat : son air ingénu le sauve quand même souvent ! « On s’en sort beaucoup mieux quand on reste positif et qu’on prend du recul sur sa propre situation. Mais parfois, vous n’êtes pas sympa le public ! Car plus je suis dans la merde, plus vous êtes contents ! »

Le danger ? « Un mauvais moment, un mauvais endroit »

Oui parfois ça sent vraiment le vinaigre. Comme ce moment dans un bar punk à Berlin, où des « types à crêtes » voulaient en découdre. Ou au Mali, quand les hommes ont sorti les machettes. « Je suis tout seul et cette fois je n’avais pas de réseau, donc je n’ai donné aucune nouvelle à personne. Ils ne m’ont pas frappé, ils m’ont juste chassé… Mais c’était un peu tendu quand même », admet-il.

En pleine fusillade aux Caraïbes !

Il y a aussi ce coup dans les Caraïbes (à Sainte Lucie), où il est tombé au milieu d’un règlement de compte à l’arme à feu. Antoine en profite pour nous rediffuser ce moment : mouvement de foule, panique, – quoi que pas tant que ça pour ce quartier qui à l’air d’être habitué à ce genre de « contingences » -.  Il repasse aussi une séquence de « J’irai dormir à Holywood ». Dans ce film documentaire, il n’a rien trouvé de mieux qu’un corbillard pour circuler dans le désert américain. Village et maisons fantômes… Il tombe sur un individu, à l’évidence, complètement paumé qui veut lui « montrer quelque chose qu’il a fait ». La scène est franchement flippante. On n’aurait pas voulu être à sa place ! Le danger pour lui ? 

« C’est être à un mauvais moment, au mauvais endroit, avec une mauvaise personne, un mauvais état d’esprit… », explique t-il.  « Ca m’est arrivé peut être 10 fois en 15 ans, mais je m’en suis toujours bien sorti, et en dix ans je n’ai jamais pris un coup ! »

 « J’irai dormir mourir dans les Carpates » : son nouveau film de fiction

 

Le danger, c’est d’ailleurs le thème de son film « J’irai dormir mourir dans les Carpates » une fiction avec un scénario, des comédiens. Autant dire quelque chose de très différent de ce à quoi Antoine de Maximy nous a habitué, mais qui repose évidemment sur le concept de « J’irai dormir chez vous ».

Pour l’explorateur, il y a déjà un premier constat  : « Dans toutes les situations dans lesquelles je me suis retrouvé, je me suis souvent dit : est-ce qu’un jour, ça ne pourrait pas « mal tourner » pour de bon ? » Il y a aussi toutes ces scènes, a priori anodines, qu’il ne constate qu’au retour de ses voyages, en visionnant ses images.  « Tout cela m’a donné une vraie matière pour inventer une histoire, écrire un film. Cela fait 7 ans que je suis dessus».  L’idée du film, qui commence par un accident de voiture – hélas fatal –  dans les Carpates part de là. Il s’agit de remonter le fil des images avant l’accident pour comprendre ce qu’il s’est passé. « Une sorte d’enquête dans les rushes, presque un thriller … ! »

 

« Je me retrouve dans la situation d’il y a 15 ans »

Mais ne s’égarerait t-il pas, Antoine de Maximy ? Pas vraiment en réalité. Ce que le public sait peu, c’est qu’avant de lancer l’émission, il a  été reporter de guerre pour l’Armée, présentateur d’émissions scientifiques et animalières pendant plus de 20 ans pour la TV… « En fait, j’ai passé ma vie à faire des choses que je n’avais jamais faites. Le film que j’ai écrit, je veux le faire, mais je me retrouve dans la même situation qu’il y a 15 ans lorsque personne ne croyait à l’émission « J’irai dormir chez vous ».

Sauf que cette fois le public peut manifester son intérêt en donnant un coup de pouce financier pour le réaliser ! Et vous, vous y croyez ?

Pauline Moiret-Brasier & Simon Daval

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