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Le bunker de Tito en Bosnie, un secret d’ex-Yougoslavie bien gardé

Dans les années 50, Josip Broz Tito (et non pas Titou, Titouni, Tivo ou Tito’s !) leader de la République fédérale socialiste, avait fait construire un bunker destiné à le protéger, ainsi que l’élite du pays, d’une éventuelle attaque nucléaire.

Le projet a été classé secret-défense pendant plus de 40 ans ! Il n’a été révélé au public qu’après les conflits en ex-Yougoslavie. Entre Urbex et plongée historique dans un contexte de guerre froide, voici les clefs de cette visite

Un ouvrage militaire construit pendant la guerre froide

Sa construction aurait nécessité plus de 26 ans, plus de 4,6 milliards de dollars (à l’époque) ! Tito, décédé en 1980, n’y aurait jamais mis les pieds !

Tito, leader d’ex-Yougoslavie

Sur les murs, dans chacun des douze blocs du bunker, la figure de Tito, leader République fédérative socialiste de Yougoslavie est pourtant partout. Pour comprendre cette ouvrage anti-atomique, il faut se remettre dans le contexte de l’époque.

Konjic, un bunker au centre de l’Europe

Après la seconde Guerre Mondiale, le monde est divisé en deux blocs. Le bloc de l’est a la doctrine communiste, sphère d’influence de la Russie et le bloc de l’ouest (occidental) à la doctrine capitaliste, sous la sphère d’influence des États-Unis.

Un contexte de crise majeur

L’ Europe est séparée par le rideau de fer qui coupe l’Allemagne entre la RFA et la RDA. En bref, le monde entier est soumis aux tensions et à la Guerre “froide” que se livre deux grandes puissances. Chacun possédant ses alliés, ses accords.

Les Républiques des Balkans, un temps sous le joug de la politique soviétique, font toutefois “sécession” dès 1948 avec l’URSS et se fédèrent en république fédérative socialiste de Yougoslavie sous la houlette de Josip Broz Tito, tout en entretenant des relations avec le grand frère soviétique.

 

Un projet militaire classé secret-défense

Dans ce contexte international austère, le monde est donc menacé par la guerre froide que se mène la Russie et les États-Unis sur des terrains internationaux (en Asie sur les territoires d’Indochine, de Corée, d’Afghanistan).

Le monde vit sous la menace de l’arme nucléaire. Il faut imaginer de psychose qui règne alors pour maintenir la sécurité des états et des gouvernements. Le Bunker ordonné par Tito n’est d’ailleurs pas le seul  construit durant cette période en Europe.

Pourquoi un bunker à Konjic, en Bosnie ?

Situé près de la ville de Konjic, près de Sarajevo, dans le sud ouest de la Bosnie-Herzégovine, le bunker de Tito, de son nom exact « Atomska Ratna Commanda D-O  (ARK D-0 ) » a été construit entre 1953 et 1979 dans le secret le plus total. Un lieu underground, destiné à protéger 350 personnes hauts dignitaires et proches du maréchal Tito.

Malgré le va-et-vient incessant des camions à Konjic,  son existence n’a été révélée qu’à la fin des années 1990 ! C’est sans doute pour sa discrétion que le lieu avait été choisi. Enterré sous le mont Zlatar, le bunker a été épargné par les conflits inter-ethniques de 1992 à 1995 qui ont déchiré l’ex-yougoslavie.

Un village undergound de 6000 mètres carré

Le bunker est un véritable village sous terrain de 6000m2, munit de différents blocs. Il dispose de plusieurs espaces de vie et de travail. L’abri anti-atomique est construit en forme de U avec plusieurs passages transversaux permettant de faire le lien entre chacun des 12 blocs.

 

Un abri nucléaire pour vivre 6 mois sans contact avec l’extérieur

Le bunker devait en effet permettre à 350 personnes de vivre en totale autonomie pendant six mois ! Il dispose encore d’un important réseau d’électricité et de plomberie.

Des conduits d’aération aspirent l’air à 176 mètres au-dessus du bunker. Un système de conditionnement permet d’avoir une température constante de 22 degrés et un taux d’humidité de 60 %. Cinq générateurs d’électricité et plusieurs kilomètres de câbles sont prévus pour prendre le relai en cas de panne.

Le bunker possède également deux réservoirs d’eau d’une capacité de 50 tonnes chacun. Un couloir menant à une issue de secours était conçu pour que les résidents du bunker puisse évacuer et rejoindre une station d’hélicoptère située au sommet du mont Zlatar.

Plusieurs pièces, salles et chambres

On y trouve plusieurs chambres, dortoirs, cuisines et salles à manger. Une piscine, des salles de conférence,  des bureaux et des centres de commandement pour coordonner les d’opérations extérieures. Un bloc entier était dédié aux appartements du maréchal Tito.

Des mobiliers et des chaises datant des années 50

Les mobiliers, les chaises et les portraits du maréchal Tito sont restés en l’état. Un centre de communication abritait plusieurs pièces comportant téléphones, fax, télégraphes, ou autres télétranscripteurs, qui auraient permis d’envoyer et de réceptionner des messages codés vers l’extérieur.

Une installation d’art contemporain

Depuis 2011, le bunker accueille aussi une biennale d’art contemporain qui a permis d’ouvrir les visites au public. Cela provoquant parfois une confusion entre réalité historique et installations artistiques.

Mais c’est aussi le propos des artistes qui se sont emparé du lieu, de son histoire, avec des performances contemporaines.

Comment visiter le bunker de Tito depuis Sarajevo ?

Le bunker de Tito appartient toujours à l’armée de Bosnie-Herzégovine, mais il est aujourd’hui possible de le visiter. Des excursions ont lieu au départ de Sarajevo.

Une excursion à la journée avec un guide

Vous pouvez réserver une visite avec un guide au départ de la capitale pour 65 euros, comprenant le transport aller-retour jusqu’à votre hôtel. Vous aurez aussi l’occasion de visiter la ville de Konjic le temps du repas. Entre nous c’est un peu cher pour le pays.

Combien coûte une visite en groupe ?

Par comparaison si vous vous rendez à Konjic en voiture (60 km) ou par taxi, Visit Konjic propose sur place des visites de groupe du Bunker pour 11 euros… Seul désagrément, il arrive que le tourisme en Bosnie-Herzégovine soit un peu maladroitement expéditif…

Réservez votre visite au Bunker de Tito (depuis Sarajevo)

Pauline & Simon

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