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Circuit : la Biélorussie en camping-car

Ignorée des circuits traditionnels, la République du Bélarus est une destination captivante. De forêts vierges, en milieu sauvages, de villages traditionnels en sites pittoresques et hors du temps, découvrez notre voyage insolite en Biélorussie. Notre traversée de 900 km, de à la frontière de l’Ukraine et Vitebsk (900 km) à la frontière russe séduira les amateurs de road-trip en quête de nature, de rencontres et de véritable authenticité.

(carte)

Voyager en Biélorussie en camping-car

Si vous désirez vous engagez sur le territoire de la République du Bélarus – coincée entre la Pologne et la Russie –, c’est que vous faites partie, comme nous, des irréductibles aventuriers ! Il faut dire que, malgré l’ouverture dont Minsk, la capitale, fait preuve à l’international ces dernières années, ce pays reste encore un mystère. D’ailleurs quelle idée de vouloir s’ aventurer dans la dernière dictature d’Europe, on vous le demande ? La curiosité avant tout, l’envie de changer de regard, l’exotisme, la fascination, la promesse de sortir, pour de vrai, des sentiers battus et de faire des rencontres inoubliables. Ceci dit comme toutes les destinations hors des sentiers battus, nous avons dû prendre des mesures pour ne pas être pris au dépourvu (consulter notre article Voyager en camping-car en Biélorussie, formalités, visa, sécurité, Informations pratiques). Enfin pour ne rien vous cacher on a dû vraiment jouer la débrouille !

Jour 1 : Slovechno- Pinsk (272 km)

En Polésie, la région des marais,  nous sommes passés dans un autre monde, absolument sauvage. Les prairies et les marécages façonnent les paysages où s’épanouissent plusieurs espèces d’oiseaux, dont la cigogne, symbole du pays. Les villes et les campagnes ont conservé leur calme et leur authenticité. Il est utile de préciser que la partie orientale de la région, délimitée par la “Réserve radioécologique d’État de Polésie” est une zone d’exclusion, conséquence de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (en 1986), en Ukraine voisine.  Nous en avions fait un reportage. Elle est donc interdite à la circulation. Les routes, en parfait état, mais abominablement droites, longent des champs sur des kilomètres. Il est bien difficile de ne pas s’endormir ! Dans les villes et villages, tout est calme, et uniforme, des pavillons, aux fermes jusqu’aux « HLM » modèles.  On se croirait dans un film d’époque !

 

 

Le Bélarus : petit pays, lourd vécu

Nous apprenons que le “pays aux yeux bleus” (référence aux lacs qui se trouvent notamment au nord du territoire) n’a jamais été épargné par les catastrophes et les guerres. La plus douloureuse période de son histoire reste  la seconde guerre mondiale. Durant ce conflit, des villes et des villages ont été entièrement détruits et un tiers de la population a péri. On raconte que les Biélorusses ont puisé leur unité et une forme de résilience de ce lourd passé. Nous voyons bien les regards étonnés, les yeux brillants et les sourires timides des gens que nous rencontrons.  Ils n’ont pas l’habitude de voir des touristes, surtout ici. Mais ils se plient en quatre pour nous aider, à la stations service, au supermarché, etc. Nous faisons des arrêts à Mazyr et Touraw, avec leurs maisons de bois peintes en jaune, bleu, vert ou rouge et leurs églises flamboyantes.

Des vestiges d’ex-URSS

Contrairement à la plupart des pays de l’Est, les statues de Lénine et autres monuments à la gloire des partisans sont toujours présents dans les paysages du Bélarus. Ce qui ne manque pas de nous étonner. Les panneaux publicitaires qui fleurissent dans la plupart des pays occidentaux, laissent place aux affiches prônant l’amour du pays et des affiches à la gloire de l’armée. C’est un poil propagandiste de notre point de vue, mais il faut dire que nous circulons à l’aube de la Fête de l’indépendance en Biélorussie. Si on s’écarte des axes principaux, on peut encore apercevoir des kolkhozes, ces exploitations agricoles collectives qui semblent, pour les touristes, ressurgir du passé.Incroyable ! C’est tout le charme un peu désuet de cette région, tel un voyage dans une autre époque ou dans un autre monde…

Jour 2 : Pinsk – Brest (173 km)

Si ce n’est une volonté de se perdre, nous vous conseillons tout de même de revenir régulièrement sur les axes principaux (ici M10, vers l’ouest) pour faciliter vos repères et éviter les déconvenues. Parfois, nous avons fait l’expérience de  routes peu praticables, qui débouchent sur des impasses ou des embarcations pour traverser les cours d’eau… ! On arrive ainsi à Pinsk, “la perle de Polésie” en bordure du  fleuve Prypiat, puis à Brest. À la frontière avec la Pologne, Brest (anciennement Brest-Litovsk) est le point de passage principal depuis l’Europe occidentale (l’itinéraire peut débuter ici en entrant par la Pologne, sans oublier de faire un léger détour pour admirer les marais sauvages de Polésie). Brest a été ravagée par l’Allemagne nazie le 22 juin 1941. C’est aujourd’hui une cité agréable à l’architecture néanmoins très stéréotypée, au bord de la rivière Moukhavets.

Jour 3 : Brest – Kameniuky (70 km)

À une bonne soixantaine de kilomètres de là, le Parc national Belovezhskaya. C’est la dernière forêt primaire d’Europe,  partagé avec la Pologne. Il faut compter un peu plus de deux heures pour atteindre la petite ville de Kameniuky, porte d’accès du parc. Inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992, celui-ci couvre une surface de 153 000 ha et dispose d’une  flore et d’une faune exceptionnelles.  Des loups, cerfs, daims, lynx, ours ainsi que la plus grande population de bisons en Europe, l’emblème de la région, vivent encore à l’état sauvage.

L’origine de la Vodka zubrowka

Le parc est également connu au-delà des frontières, car c’est de là que vient le nom d’une célèbre vodka (żubr  signifie bison en biélorusse) et son brin d’herbe de bison glissé dans la bouteille. Ouvert pour partie au public, le parc est propice à la découverte. Il abrite même le village du père noël (Comment ?! Ce n’était pas sensé être en Laponie  ?! )

Jour 4-5 : Belovezhskaya –  Mir (280 km)

La suite du parcours nous emmène à 300 km de là, par la route M1-E30, autoroute construite à l’occasion des jeux Olympiques de Moscou (1980), qui nous conduit en Biélorussie médiévale (il faut un un boîtier pour passer les péages électroniques, voir notre article). Deux sites incarnent notamment l’histoire de cette région : le château de Nesvizh et celui de Mir. Distants l’un de l’autre de quelques kilomètres, ils furent les résidences de la noblesse de l’époque. Au-delà de leur architecture saisissante (Styles gothique, Baroque, Renaissance), ils soulèvent un autre aspect du pays, partie du Grand-Duché de Lituanie au Moyen-Age, puis marqué par les présences suédoise, polonaise et de l’Empire russe, etc. au fil du temps. Une journée n’est pas de trop pour se consacrer à la visite de ces forteresses. En été, des concerts de musique classique et des représentations du ballets ou de l’opéra de Minsk ont lieu, en plein air, créant une atmosphère féerique.

Jour 6- 7- 8 : Mir – Minsk (97 km)

 

La suite du parcours prend la direction de Minsk, via d’interminables routes rectilignes. Comme toute capitale, il faudra trouver où stationner en camping-car. Même si rien n’est prévu à cet effet, vous pourrez rejoindre le centre et vous garer à proximité du palais des Sports. Minsk ne ressemble à aucune autre capitale d’Europe. Ni stressante, ni bruyante, ni polluée, ni misère, ni mendicité. Juste des babouchkas (vieilles femmes biélorusses) vendant leurs fleurs. Ravagée au cours de la seconde guerre mondiale, Minsk s’est reconstruite selon les principes de l’architecture soviétique. En témoigne ces imposantes façades staliniennes qui bordent l‘avenue de “l’Indépendance” (ou Nezavisimosti,  une artère de 15 km qui traverse la capitale tout du long !).

Parcourez les différents quartiers, les rues et galeries marchandes, encore épargnées – pour le moment – par les chaînes de magasins uniformisées, le métro, visitez les édifices publics, les monuments commémoratifs… Il est fort à parier que Minsk, de par sa singularité, vous fascinera, comme elle nous a fasciné. La ville propose un condensé du pays, exception socialiste au coeur d’une Europe à l’économie de marché, où l’on perd vite ses repères. Même si quelques multinationales (les seules chaînes de restauration rapide que l’on trouve dans le pays) ont pignon sur rue.

Entre campagne et Datcha

Lorsqu’on quitte la capitale, on tombe très vite en banlieue, qui abrite d’ailleurs des communautés de datchas, érigées sur des lopins de terre distribués aux habitants pendant la période de l’U.R.S.S. Nous avons d’ailleurs consacré un article à ces véritables objet de la culture biélorusse et russe. Les habitants du Bélarus, notamment les anciens, entretiennent en effet un rapport très affectif avec ces coquettes maisons de campagne que l’on retrouve à travers tout le pays. Sur l’autoroute en direction de Moscou (M1-E30), vous pourrez faire étape à Katyńż, un autre village martyre de la guerre 1939-1945, puis à Vitebsk, ville natale du peintre-graveur Marc Chagall. Avant de vous retrouver à quelques kilomètres de la frontière russe. En 2016, nous avions pu la franchir (munis de Visa Russe bien entendu). Mais Il semble que ce ne soit plus possible aujourd’hui, les relations entre les deux pays se sont peut être refroidis.

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