Russie en camping-car : Notre circuit de Moscou à Saint-Pétersbourg

Dans ce circuit, nous vous emmenons découvrir l’ « Empire » contrasté présidé par Vladimir Poutine. En camping-car, direction Moscou et Saint-Pétersbourg ! Lors de notre voyage, nous avons découvert qu’il n’existait pas une, mais des Russies, chacune en renfermant une autre, ça vous rappelle quelque chose ? Bonne lecture, vous pouvez aussi retrouvera nos coups de coeurs à Moscou et Saint-Péterbourg dans nos 10 !

Nous avions imaginé le pire ! Lorsque nous avons préparé notre Tour d’Europe en camping-car, nos différentes lectures sur les forums n’étaient guère réjouissantes concertant la Russie : problèmes à la frontière, bakchichs, insécurité, contrôles de police… Le pays de Vladimir Poutine nourrit beaucoup de « fantasmes » en « Europe de l’ouest » : elle intrigue, elle fascine, elle déconcerte, elle passionne. Mais autant le dire tout de suite, nous n’avons connu aucun désagrément pendant notre voyage d’un mois. Nous n’en avions pas oublié pour autant que nous entrions dans un pays placé par Reporters Sans Frontières au 148 ème rang sur 180 du classement mondial de la liberté de l’information…

Une arrivée en Russie par la Biélorussie

Nous nous étions donc préparer à passer des heures à la frontière russe pour la fouille du camping-car (c’est ce qui nous était arrivé en Ukraine d’ailleurs…), à remplir toutes sortes de formalités… Mais surprise, entrer en Russie nous aura pris 30 secondes ! Il faut dire qu’on avait mis toutes les chances de notre côté en évitant d’entrer en Russie par l‘Ukraine (nous y avons voyagé avant la Biélorussie, notamment pour réaliser un reportage sur Tchernobyl avec l’agence SoloEast Travel). En effet, les relations sont très tendues depuis 2014 et le rattachement de la Crimée à la Russie lors d’un référendum, non reconnu par la communauté internationale. Les combats se poursuivent toujours d’ailleurs dans le Donbass à l’est de l’Ukraine, entre forces loyalistes ukrainiennes et forces séparatistes pro-russes.

Nous avions choisi d’entrer en Russie par la République du Bélarus (Biélorussie).  Attention depuis mars 2017, cette option ne soit plus possible ! Les relations entre les deux pays ont l’air fluctuante ! Il faudra consulter régulièrement le site France diplomatie pour tracer votre itinéraire pour vous rendre en Russie.

La Biélorussie, ou plutôt le Bélarus, c’est  ce pays « fascinant » qui partage avec nous l’amour de la patate ! C’est là que nous avions aussi assisté à une grande parade militaire à l’occasion de la fête de l’indépendance qui souligne aussi une autre émancipation, celle vis-à-vis de l’URSS en 1991. Nous ne le savions pas, mais il n’existe plus de frontière entre la Biélorussie et la Russie (mais aussi le Kazakhstan d’ailleurs) depuis 2010 et l’instauration d’accords de libre-échange. Une simple présentation de nos passeports, un tampon d’entrée (qu’il a même fallu réclamer !) et nous sommes donc passés en Russie « comme si de rien n’était ».

Visa touristique russe : 30 jours seulement !

C’est surtout en amont que les choses peuvent être contraignantes pour voyager en Russie, d’un point de vue administratif. Pour obtenir votre visa, les autorités russes vous demandent un « voucher » qui est une lettre d’invitation qui peut être délivrée par un hôtel ou une agence de voyage. Comme nous nous déplacions en camping-car, il nous a fallu passer par une agence qui nous a constitué un « programme » en guise de document. Il faut aussi savoir que le visa russe n’est valable que 30 jours et qu’il vous faudra impérativement entrer et sortir du territoire pendant  la période mentionnée sur votre passeport. Ce qui n’était pas vraiment simple lors de notre Tour d’Europe (au fait, vous avez vu notre best of ?). On se sent tout de suite moins libre en voyage lorsqu’on doit tenir des impératifs de dates ! Une fois en Russie, il ne faut pas non plus oublier de s’enregistrer dans les 7 jours à la Police de Migration ou en prenant une chambre d’hôtel. C’est ce que nous avons fait juste après la frontière à Smolensk à l‘Hôtel Chaplin que l’on vous recommande : une chambre confortable qui est la bienvenue après des centaines de kilomètres de route !

Moscou : le choc à tous les niveaux !

Une fois en Russie, nous avons pris la direction de Moscou, mais en faisant volontairement quelques détours par d’autres villes comme Smolensk ou des petits villages pour appréhender au mieux la « province russe ». On parle souvent de la Russie par le spectre de ces deux grandes villes, Moscou et Saint-Pétersbourg mais la Russie ne peut être résumée à cela, bien au contraire, et c’est ce que nous voulions voir. Hors des sentiers battus, on découvre des routes dans un état délabré, tout comme les logements, vieillissant, sinistres. Et quand nous sommes arrivés aux portes de la capitale – qui compte plus de 12 millions d’habitants – comment dire… c’était le grand écart !

« Moscou, ce n’est pas la Russie », nous avait-on dit déjà, et on comprend mieux. La ville et sa région produise près de 30 % du PIB de la Fédération de Russie pour environ 10 % de la population. Moscou, peuplée de 12 millions d’habitants est classée au top 5 du nombre de milliardaires ! Les disparités sont donc énormes et pour tout dire, ce fut pour nous, un sacré choc à tous niveaux. Depuis des mois, nous traversons des pays vraiment pauvres dans l’ensemble comme la Moldavie par exemple là où un milliard de dollars a disparu des banques… Mais le constat est le même partout. Pas vraiment de  » juste » milieu : ceux qui réussissent sont très riches, et les autres, très pauvres.

Adieu socialisme, bonjour capitalisme !

Dans la capitale russe, le traffic routier incroyablement dense. Nombre de Moscovites préfèrent prendre leur voiture, souvent des gros 4×4 ou des grosses berlines plutôt que le métro, quitte à être bloqués dans les bouchons… Autant dire qu’en camping-car, nous ne sommes pas allés nous aventurer dans le centre-ville. Quelques kilomètres au ralenti sur l’anneau périphérique nous ont suffit pour comprendre. Il nous fallait trouver un moyen pratique de garer notre véhicule. Nous avons finalement trouvé, pas très loin du Musée de l’Espace, une place en-dessous d’un… pont routier.  Oui, on adore le glamour ! D’ailleurs, écoutez voir cette belle mélodie ici. Un seul avantage : situé pas très loin d’un métro. Nous avons complété avec des nuits en logements : et à Moscou, on avait le choix ! En voyage, combien de fois nous sommes-nous dits avec humour :  » le capitalisme nous sauve la vie ! « . McDonald’s pour avoir du Wifi et de l’électricité, Lidl pour avoir du bon pain, Airbnb (économisez 15 € !) pour les appartements confortables…

Ah oui, parce qu’on ne vous a pas dit, ne vous attendez pas à être plongés dans une ville l’époque socialiste de l’URSS. Les statues des anciens dirigeant socialistes (Lénine, Staline…) sont remisées dans le parc des statues déchues. C’est surtout les impressionnants bâtiments construits sous Staline qui témoignent de cette époque mais sinon, Moscou, c’est une ville on ne peut plus capitaliste. La « jeunesse dorée » a notre âge et elle roule en berline ! L’ opulence se côtoie partout en centre-ville dans les magasins de luxe, les galeries commerciales… Pour « connaître » l’autre réalité, il faut ressortir de cette « bulle », en périphérie pour voir où vit le moscovite moyen. Dans des quartiers où s’amassent la main d’oeuvre étrangère, les retraités démunis et tous ceux qui n’ont pas réussi la transition vers l’économie de marché après la chute de l’URSS.

Entre Moscou et Saint-Pétersbourg : une campagne pauvre

Nous quittons Moscou cette ville immense ! Si vous n’y restez qu’une semaine comme c’était notre cas, priorisez bien ce que vous voulez voir en essayant de regrouper par quartiers, car vous rendrez vite compte que les distances à parcourir sont énormes et les différentes connexions en transport en commun prennent du temps. Direction Saint Pétersbourg maintenant. Un peu plus de 700 kms séparent ces deux villes « rivales », que tout oppose puisque la deuxième est située tout à l’ouest du pays et promet d’être beaucoup plus occidentalisée.

Notre route nous a fait suivre la Volga jusqu’à Tver, puis ici et là, des étendues d’eau se succèdent notamment près du monastère d’Iver où nous avons été plongé dans un dimanche typique à la russe, entre office religieux, baignade et pique-nique. Mais à vrai dire sortis de ces quelques petits points d’intérêts, il n’y a pas vraiment grand chose à « voir » si ce n’est les contrastes justement, puisque nous découvrons de nouveau une campagne pauvre, aux maisons en bois – parfois égayés de peintures colorées – et des moyennes villes plutôt tristes où se sont les barres d’immeubles délabrés de style soviétiques qui dominent une fois sortis des centre-villes où l’on trouve, c’est vrai, quelques bâtiments un peu plus pimpant. Notre parcours est aussi jalonné de datchas (ça nous a rappelé celle que nous avons découverte en Biélorussie) plus ou moins vétustes qui contrastent avec le clinquant des églises aux bulbes dorés…

Autour de Saint-Pétersbourg : le coeur du Tsar système

Il faut monter jusqu’à la ville de Novgorod pour découvrir un site digne d’intérêt puisque c’est – selon un document daté du XIXe siècle – l’une de plus anciennes cité russe. À cette époque, située sur l’ancienne route commerciale entre l’Asie centrale et l’Europe du Nord, Novgorod était la première capitale de la Russie. Beaucoup de bâtiments ont été détruits lors de la seconde guerre mondiale, mais la ville a été progressivement restaurée et aujourd’hui plusieurs de ses monuments sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. On peut se balader à l’intérieur de l’enceinte du Kremlin (vous suivez ?), poursuivre en enjambant la rivière Volkhov et découvrir ainsi de nombreuses églises et monastères, certaines nouvellement pimpantes, d’autres en ruine. Un grand bateau à trois mâts reconvertis en hôtel-restaurant donne un point de vue parfait sur la cathédrale Sainte-Sophie et sur ses bulbes jaunes et gris dorés : parfait pour regarder tranquillement le soleil s’y coucher et les colorer en rouge-oranger.

Pavlosk, le palais de Catherine II

En s’approchant de Saint-Pétersbourg, la campagne devient plus riche. On trouve déjà des datchas d’un autre niveau, bien barricadées et bien gardées aussi. La Russie des Tsars est proche. Au XVIIIe siècle, ceux-ci avaient la folie des grandeurs. Il firent construire des domaines, des châteaux et des parcs incroyables. Le premier que nous avons visité est celui de Pavlosk, situé à 26 kilomètres de Saint Pétersbourg, construit entre 1782 et 1786 par Catherine II. Elle est probablement, après Pierre le Grand – qui a bâti quant à lui la ville de Saint Petersbourg -, la tsarine la plus marquante de l’histoire de Russie. Le palais impérial enferme plusieurs oeuvres d’art, mais ce qui est encore plus marquant, c’est le parc de Pavlosk. Un jardin à l’anglaise doté de 600 hectares de bois et de lacs qui ne méritent pas moins d’une après-midi pour les découvrir.

Le second est à Tsarkoie Selo (littéralement village du Tsar) aussi connu sous le nom de Pushkine, du nom du célèbre poète russe. Ce dernier y a séjourné et y possédait une datcha. Il y a écrit de nombreux poèmes. Plus qu’un village, c’est un domaine impérial impressionnant qui renferme notamment le palais de Catherine I (la seconde femme de Pierre-le-Grand) ainsi que le palais d’Alexandre. Comme on peut l’imaginer ça se bouscule aux portillons pour visiter les lieux…

Le palais de Peterhof : notre endroit préféré en Russie !

Puis il y a Peterhof, le « Versailles de Russie » construit par Pierre-le-Grand (toujours lui, décidément !) à la fin du XVIIe siècle. Ce fut juste grandiose ! Des milliers de visiteurs du monde entier s’y pressent aujourd’hui. On avoue avoir été freiné dans notre élan, lorsque l’on a vu les centaines de cars touristiques stationnés tout le long de la route qui y mène. Mais on a pris notre mal en patience et on a bien fait : c’est l’un de nos endroits préférés en Russie.

Alors verdict, Saint-Pétersbourg ou Moscou ?

Saint-Pétersbourg, c’est la deuxième ville russe avec plus de 5 millions d’habitants. Pierre-le-Grand lui donna forme en 1703 désirant lui donner des attributs d’une ville européenne. Ainsi, parmi tous les noms qu’elle aura porté à travers les époques traversées : Petrorad, Leningrad, Saint Pétersbourg était née pour être la fenêtre sur l’Europe. On peut même se demander d’ailleurs parfois ce qu’il y a de russe ici et c’est sans doute pourquoi on nous a souvent répété dans les pays de l’Est que Saint-Pétersbourg était bien plus belle que Moscou… Résultat des courses ? Nous avons préféré Moscou ! (Ahlala, il faut toujours qu’on ne fasse pas comme les autres). Sans doute par exotisme ? En réalité les deux ne sont pas comparables. Ni en terme de situation, ni son allure, ni  » ses gens », (qui ne sont pas plus « ouverts » que les Moscovites, ça, c’est définitivement une légende urbaine) Saint-Pétersbourg est juste plus … « occidentale » et on y parle plus facilement anglais (et ça, ce n’est pas négligeable !).

Rien à voir donc avec les gigantesques bâtiments moscovites de types staliniens. La période soviétique n’y aura rien changé. La ville regorge de palais, de musées, de dorures. En la parcourant, on comprend les désirs des tsars et tsarines qui y ont régné : en mettre plein la vue. Il y a tout au centre pour le satisfaire, des très bons restaurants et cafés, des galeries commerciales, des magasins le long de la perspective Nevski (4,5 kms !), colonne vertébrale de la ville, des cathédrales, le musée de l’Ermitage, la forteresse Saint Pierre et Paul, le théâtre Marinsky, des dédales de canaux… Saint-Pétersbourg c’est aussi des nuits blanches estivales, (voir des débauches estivales, c’est selon les points de vues).

Mauvaise idée : été = tourisme de masse !

 

À Saint-Pétersbourg – comme dans d’autres villes européennes d’ailleurs – le tourisme de masse gâche tout : les canaux justement deviennent des autoroutes à bateaux et il faut boucher vos écoutilles pour ne pas subir les annonces des tours opérateurs crachées dans des microphones, sans parler de la pollution… On repart donc en se disant que ce fut une mauvaise idée que de visiter cette ville en plein été et que l’activité touristique quand elle est pratiquée à outrance, est un cauchemar, mais ça on le savait depuis longtemps, on en avait juste été épargné un temps ! Du coup le charme de Saint-Pétersbourg – bien que certain – n’a pas vraiment opéré sur nous ! Qui sait, un jour on essayera en hiver par moins 40 degrés ! Nous quittons la Russie en effectuant une dernière étape à Vyborg, ville médiévale, à cheval entre les cultures scandinave et russe, où trône encore une statue de Lénine. Le passage de la frontière s’est fait sans encombre.

La douane russe nous tamponne notre passeport. Nous sortons  de la Fédération de Russie Tout est en ordre ! À peine changé de pays que le paysage change radicalement, la nature est omniprésente, les forêt les lacs nous ouvre la route. Nous sommes en Finlande et c’est le début d’un tout autre voyage

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